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Bulent Yusuf mar., sept. 29, '20 7 min read

À quoi ressemblera le BIM à l’avenir ?

Quel avenir pour le BIM ? Pour pouvoir faire des prédictions, parlons de son statut à l'heure actuelle.

Nous avons précédemment abordé des sujets tels que tout ce que vous devez savoir sur le scan-to-BIM, les 12 étapes à suivre pour modéliser un bâtiment existant, et les 5 grands défis à surmonter lors de la mise à jour d’un modèle BIM. Maintenant, parlons du BIM : au présent et au futur.

Aujourd’hui, ce n’est pas seulement une méthode de conception mais aussi une source unique de vérité qui permet à tous les participants d'un projet de construction de collaborer sur un même ensemble de données. Qu'il soit un professionnel de l'architecture, de l'ingénierie ou de la construction (AEC), chaque prestataire peut contribuer à l'aide d'outils spécifiques à son secteur tout en coordonnant son activité avec les autres parties prenantes.

Le passage au BIM est un événement capital pour le secteur de l’AEC, avec des conséquences dynamiques et profondes pour l'environnement bâti. Mais ce n’est pas un changement qui se fait du jour au lendemain. En tant que philosophie de conception, le BIM existe depuis les années 70. Depuis lors, nous avons assisté à une consolidation constante des outils, des processus et de la compréhension commune.

Alors, à quoi ressemblera le BIM à l’avenir ? Continuera-t-il à évoluer et à se développer ? Ou sera-t-il remplacé par une autre technologie ? Pour prédire l'avenir du BIM, parlons de son statut à l'heure actuelle.

Le BIM deviendra inévitablement une norme industrielle

Le BIM devient la norme non seulement pour la modélisation de nouveaux bâtiments, mais aussi lors de remises en état et rénovations de structures existantes. La technologie de numérisation laser crée des nuages de points qui alimentent le développement d'un modèle BIM pour un bâtiment existant. Le scan-to-BIM joue donc un rôle très important.

Les améliorations apportées par le BIM sont conséquentes et ont un impact positif sur la productivité, le budget et la coordination d’un projet. Selon l'enquête du NBS en 2020, 72 % des personnes ayant adopté le BIM (et 64 % de celles qui ne l'ont pas encore fait) affirment que le BIM réduit le risque de problèmes, ce qui réduit les effets secondaires tels que les retards, les dépassements de coûts ou les litiges.

Il existe de nombreuses institutions nationales qui visent à fluidifier l’implémentation du BIM. Nous trouvons, par exemple, le National BIM Standard (États-Unis), le BSi Standard Framework and Guide to BS1192 (Royaume-Uni), le Rgd BIM (Pays-Bas) et le Stufenplan Digitales Planen und Bauen (Allemagne). Ils respectent des standards homogénéisés globalement tout en tenant compte de contextes et réglementations régionaux.

Des pays tels que le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne et l'Australie ont déjà imposé l'utilisation du BIM dans les projets d'infrastructure du secteur public. D'autres suivent leur exemple. Pour ces raisons, il est quasiment inévitable que le BIM devienne la norme globale acceptée dans le secteur de l’AEC.

La feuille de route stratégique pour le BIM

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La feuille de route stratégique comporte quatre niveaux. Chacun représente l'étendue de la collaboration et le degré de numérisation d’un projet de construction ou d'infrastructure.

  • Le niveau 0 dénote une absence totale de collaboration entre les parties prenantes. De tels projets n’utilisent que des dessins de conception assistée par ordinateur (CAO) en 2D. Leur distribution se fait soit sur papier, soit par voie électronique (ou un mélange des deux). Ce niveau est pratiquement obsolète de nos jours.
  • Le niveau 1 représente une collaboration partielle entre plusieurs parties prenantes et disciplines. Les projets de ce niveau utilisent un mélange de dessins CAO 2D et 3D. Les informations sont partagées numériquement à l'aide d'un environnement commun de données (CDE), géré par le contractant principal et partagé entre les membres de l'équipe. Ces projets peuvent également utiliser certains formats de données et structures standard.
  • Le niveau 2 est entièrement collaboratif. Les parties prenantes utilisent des objets 3D intelligents et riches en données dans un environnement BIM sophistiqué. Dans ce cas, toutes les parties travaillant sur un même projet peuvent combiner leurs données (de conception et BIM) pour travailler ensemble et partager des informations par le biais d'un CDE. Celui-ci permet aux utilisateurs de faire des contrôles réguliers afin de s’assurer que le projet est sur la bonne voie en validant les données.
    • Un indicateur de la maturité des projets BIM du deuxième niveau est l'inclusion d'une quatrième dimension chronologique, qui permet de planifier les séquences de construction.
    • Un autre indicateur est une cinquième dimension qui donne des informations sur les coûts pour une meilleure gestion financière.
  • Le niveau 3 dénote une collaboration et une intégration totales entre toutes les disciplines et les parties prenantes. Ils utilisent une vue unique et partagée du projet pour intégrer les données. Toutes les parties impliquées dans le projet peuvent y avoir accès et modifier les données comme défini par les contrôles du processus et de la sécurité.
    • Ces projets peuvent également avoir des flux dédiés à la communication pour notifier les services généraux de toute mise à jour. En fait, il s'agit d'un modèle en six dimensions qui permet d'améliorer la gestion d’actifs pendant tout le cycle de vie d'un bâtiment.

Le Royaume-Uni a officiellement rendu le niveau 2 du BIM obligatoire en 2016 et se tourne maintenant vers le niveau 3. En Allemagne, les progrès n'ont pas été aussi rapides. Le BIM sera obligatoire pour tous les projets d'infrastructure d'ici à la fin de 2020. Il n'existe aucune autre exigence concernant l'utilisation du BIM.

Que se passerait-il si vous n’adoptiez pas le BIM ?

Il faut suivre les pionniers : Les entreprises du secteur de l’AEC qui n'adoptent pas le BIM risquent de se heurter à la législation en vigueur ou, pire encore, de faire faillite.

Cela a été le cas dans les secteurs de la photographie ou des télécommunications, par exemple : des entreprises de premier plan n'ont pas adopté la numérisation ou l’ont fait trop tard et ont perdu une grande partie de leur clientèle. Il fut un temps où Kodak et Nokia dominaient leurs marchés respectifs. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Même si la réglementation n'impose pas le BIM, le fait de travailler sans cette technologie expose votre entreprise à des cloisonnements d'informations qui nuisent à votre productivité et qui peuvent augmenter coûts ou entraver la coordination. En outre, les équipes de conception (et autres) qui ne saisissent pas les opportunités créées par le BIM seront désavantagées par rapport à celles qui ont une longueur d’avance.

Il ne s'agit pas d'une simple spéculation ou d'hystérie. Le BIM va continuer de bouleverser le secteur avec l'apparition de nouvelles technologies qui tirent parti des données BIM (par exemple, l’impression 3D, la réalité virtuelle et l’AR) pour une meilleure visualisation ou pour soutenir des flux de travail BIM spécifiques.

Par exemple, le BIM peut permettre d'intégrer des fichiers numériques d'objets imprimables en 3D dans les conceptions, de les évaluer, puis de créer un prototype rapidement. Le BIM permet également aux architectes de guider les clients et les entrepreneurs dans leurs conceptions à travers la réalité virtuelle avant qu'une seule brique ne soit posée. Des lunettes de réalité augmentée peuvent être utilisées pour comparer les progrès par rapport aux plans originaux sur le chantier.

Il y a aussi la question du big data. Les nouvelles technologies peuvent fournir des sources d'information supplémentaires, comme les nuages de points recueillis par les scanners laser. Une capture quotidienne permet d'obtenir un ensemble de données en constante évolution pour organiser et optimiser la gestion du bâtiment, même une fois la construction terminée.

Conclusion

L'avenir du BIM est déjà là ; il ne s'agit pas d’un vœu, de prophéties ou de prédictions, mais d'une réalité qui nous voyons déjà se profiler à l’horizon. Des cibles au niveau national et international ont méné à des projets de construction et d'infrastructure entièrement collaboratifs au sein de l'industrie AEC, ainsi qu'à une feuille de route pour une évolution et une amélioration continues.

Il est aujourd'hui possible de consulter le cycle de vie complet d'un bâtiment, de sa conception à sa construction, et de sa maintenance à sa rénovation. Du point de vue des professionnels de la numérisation laser et des spécialistes du BIM, il est important de continuer à rapprocher les modèles 3D de la technologie de capture de la réalité aui est rendue possible par les progrès du traitement des nuages de points. C’est essentiel pour pouvoir relier de manière plus transparente ces modèles collaboratifs au domaine physique.

Vous voulez en savoir plus ? Téléchargez notre ressource gratuite sur l'utilisation de la numérisation mobile pour créer la documentation conforme à l'exécution avec les outils CAO et le BIM.

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Bulent Yusuf

Bulent is the Content Marketing Manager at NavVis. He loves technology, writing, and above all speaking about himself in the third person.